Histoire meuble industriel


Vous trouverez sur cette page quelques éléments historiques sur des marques de meuble industriel, sur certains types de mobilier…



Les Forges de Strasbourg

Les Forges de Strasbourg est un des fabricants Français phare de meuble industriel de bureau.

Fondé en 1919, Les Forges de Strasbourg, sont à l’origine des constructeurs de charpente en métal, de machine pour l’industrie…
C’est en 1926 que l’entreprise crée la marque Strafor pour commercialiser du mobilier métallique de bureau.

Strafor va très vite s'imposer comme le leader français de la production de meubles en acier qui seront très vite synonyme de solidité et praticité.
Dans les années 20, l'entreprise compte plus de 1300 salariés répartis dans trois usines.
Cependant, l’entreprise connaîtra des difficultés économiques dans les années 50 et retrouvera un nouvel essor en 1974 en rejoignant le groupe Steelcase d’origine Américaine par l’intermédiaire d’une joint-venture.
En 1981, la naissance de Steelcase Strafor est officialisé (capital 50% Strafor facom / 50% Steelcase Inc).

Mais l’année 1999 signifiera la fin définitive de la légende Strafor, le capital Steelcase Strafor étant racheté à 100% par Steelcase Inc.

Exemples de mobilier industriel Strafor :


Meubles en acier Strafor
Meubles en acier Strafor

Mobilier Strafor
Mobilier Strafor

Meuble Strafor
Meuble Strafor


Ronéo

1900 : Création de la compagnie du Néostyle (anglaise) ; elle commercialise du mobilier de bureau en bois et des duplicateurs.

1907 : Création de Ronéo en France par la compagnie du Néostyle ; le but est de distribuer des machines à Ronéotyper.
Rapidement, une diversification va se faire vers la création de mobilier de bureau en bois à Paris.
La division « métal » va rapidement prendre de l’essor (rayonnage, classeurs métal…) jusqu’au boom des années 60 et la construction d’une usine dans l’Oise ou le métal va définitivement remplacer le bois : ils réaliseront des sièges, des classeurs, des bureaux, des tables, des vestiaires…

1970 : L’entreprise est cédé au groupe anglais Vickers.

Exemples de mobilier industriel Ronéo :



Les chaises Bienaise

Les Chaises bienaise ont été crées et produites en France vers 1920 par Franck et Hary Nelson, deux Américains. 
Installés dans le 15ème arrondissement de Paris, ils commencèrent par réaliser des accessoires pour vélos (selles, sacoches...), des appareils de sports en métal et caoutchouc et deux modèles de chaise.
Ces chaises étaient très ergonomique et possédaient de multiple réglages, idéal pour les dactylos...
Mais ce n'est que dans les années 30 que ces chaises (qui auront déjà bien évoluées) vont connaitre le succès commercial.

Plusieurs dizaines de modèles de chaise, tabouret et fauteuil auront été produits : avec dossier, sans dossier, fixe, tournante, en bois, en vinyle…

L’activité de l’entreprise va cesser dans les années 70.

Exemples de chaise Bienaise :


Siège Bienaise
Siège Bienaise



Théry Hindrick

La société Théry Hindrick  a été Fondé par Mr Théry et Mme Hindrick dans les années 1940 à coté de Lille.
Ils fabriquaient des panneaux d’affichage, des structures métalliques, des plaques de rue, des feux de signalisation….
La société va commencer à connaitre des difficultés dans les années 1990 ; elle sera finalement placée en redressement judiciaire fin 1995.

Exemple de la production de Théry Hindrick :



Le casier de tri postal

Les premiers casiers de tri postaux sont apparus au début du 20ème siècle et était initialement en bois. Ils avaient pour objectif de simplifier le travail des trieurs et de gagner du temps...
Ce n’est qu’entre les années 1920 et 1940 que La Poste a crée les premiers casiers de tri postaux métalliques. Ces derniers se sont largement généralisés dans les années 60/70.

Pourquoi les casiers de tri postaux en métal sont perforés ?

Le but est d’alléger l’ensemble de la structure (notamment en cas d’utilisation dans les wagons-poste ambulants, crées pour gagner du temps).
Ceci permet aussi de résoudre le problème de la poussière qui se dégage lors de l’ouverture du courrier  mais aussi de voir plus facilement tout oubli de lettre…

Exemple de meuble de tri postal :

- Meuble de tri postal 1950


Les meubles à clapet industriel

Tout d’abord en bois, les meubles industriel à clapets vont rapidement se transformer en meuble métallique avec la révolution industrielle.

Les premières entreprises fabriquant des meubles à clapet en série ont été les Forges de Strasbourg et Ronéo. 

Les modèles les plus anciens sont très sophistiqués avec un emboutissage du métal assez recherché mais aussi des boutons en laiton, des portes étiquettes rivetés…
Avec les années, les modèles deviendront de plus un plus uniformisés pour des raisons d’automatisation des lignes de production et des considérations d’ordre économique.

Les meubles à clapet industriel produit au 20ème siècle gardent cependant un charme certain et s’intègrent parfaitement dans nos intérieurs modernes, notamment en raison d’une faible profondeur. 
De plus, ils sont très pratique et permettent de dissimuler tout en triant…

Exemple de meuble à clapet industriel :

- Meuble à clapet industriel triple
Meuble à clapet Ronéo
Enfilade à clapet Strafor
Meuble à clapet Morgan


La lampe Jieldé standard

Désormais connu de tous, la lampe jieldé standard a été crée en 1952 par Mr Domecq pour l’entreprise Jieldé qui est situé à Saint Priest près de Lyon.

La lampe Jieldé était une petite révolution : elle est étanche, résiste aux vibrations, s’articule dans tous les sens, peut se raccourcir ou s’allonger facilement… une quarantaine de brevets auront été nécessaires à Mr Domecq pour protéger la lampe unique.

A l’origine, cette lampe n’était pas livrée clef en main ; l’acheteur concevait sa lampe en fonction de ses besoins à partir de quatre éléments interchangeables.
La lampe Jieldé standard est encore produite de nos jours.

Exemple de lampe Jieldé standard :

Lampe Jieldé
Les piétements industriels en fonte

Actuellement, de nombreux piétements en fonte sont détournés de leur usage premier afin d’être reconvertis en pied de table industrielle, console vintage et mobilier industriel en tout genre…

Mais d’où viennent ces piétements, quelle était leur histoire…. ?

Revenons à la deuxième moitié du 19ème siècle, époque ou de nombreux piétement en fonte ont été produits.
La fonte était alors utilisée afin de satisfaire les contraintes de stabilité de bon nombres de machine outils et aussi car elle était bien moins cher que le bronze.

Pour réaliser ces piétements, des moules étaient réalisés en bois, plâtre ou au besoin en métal.

Les connaissances des alliages étaient déjà très poussées à l’époque : on trouvait ainsi des fontes de diverses qualités, réglé selon la teneur en carbone associée au fer.
Le silicium, manganèse, phosphore… pouvaient également rentrer dans la composition.

La fonte ordinaire possédait une bonne résistance à l’abrasion et était dure ; mais cette dureté la rendait fragile.
Petit à petit, la fonte ordinaire va être remplacée par la fonte malléable, moins cassante…
Mais cette dernière va également voir arriver de nouveaux progrès technique avec l’apparition de la fonte grise (appelé à tort fonte d’acier),  disposant d’une plus grande facilité d’usinage, d’une meilleur résistance à la corrosion, aux vibrations…

Une multitude de ces piétements en fonte vont ainsi être produits, avec une grande variété de taille, de forme…Certains peuvent faire moins de 10 kg et d’autres dépasser allègrement les 500 kg…

Ci dessous des exemples d'utilisation de piétement en fonte :

Ancienne machine pour la fabrication de boulons
Ancienne machine pour la fabrication de boulons

Ancienne machine à percer
Ancienne machine à percer



La chaise Flambo

C’est un dessinateur industriel de formation, Henri Lieber, qui créa en 1926 (dépôt de brevet) la future chaise Flambo.
Pendant un an, Mr Lieber va perfectionner sa chaise jusqu’à la naissance de la version définitive, la « M42 ». 
Cette chaise possède notamment un ressort à boudin permettant au dossier de basculer et un coussin en mousse et caoutchouc.

En 1930, Henri Lieber va se mettre à son compte et créa Flambo Diffusion.
Il fabriqua des trieurs, des chaises, les épingles de signalisation PAPIC et toute sortes d’articles métalliques de bureau, déposant brevet sur brevet pendant des années.

La société Flambo va connaitre de belles années avec notamment l’ouverture d’une nouvelle usine à Vierzon dans le Cher en 1968. (1000 employés à l’époque)

Malheureusement, comme beaucoup d’entreprise de mobilier de bureaux, Flambo va connaître des difficultés économiques à la fin des années 70, débouchant à la liquidation de la société en 1986.

Exemple de chaise Flambo :




La compagnie auxiliaire des mines Douai

Crée en 1922, La compagnie auxiliaire des mines de Douai était la filiale française de l’entreprise Belge "La compagnie Auxiliaire des Mines" (ou Auximines). 
Cette dernière avait été crée en 1899 sous le nom de « L’Accumulateur Sec » avant de changer de nom après la première guerre mondiale et la création d'une joint-venture avec une société anglaise et des entrepreneurs…

La compagnie auxiliaire des mines de Douai proposait des lampes portatives à carbure (acétylène), à benzine (essence de pétrole), électrique et des lampes fixe à air comprimé à destination des mines.

Elle va en quelques années conquérir tout le marché du Nord de la France et de la Sarre.

Exemple de lampe fixe à air comprimé :


Auxiliaire des mines


Bauche

Auguste Nicolas Bauche était à l’origine un expert en matériaux ignifuges.
Fort de ces compétences, il mit au point vers 1860 le premier coffre-fort incombustible, véritable avancée technique pour l’époque.

En 1864, il créa près de Reims son entreprise, la société Bauche.
La société Bauche va se développer durant plusieurs décennies en produisant des coffres forts mais aussi d'autres produits comme des armoires...

Ce succès va permettre à Bauche de racheter la société Fichet en 1967. La « fusion » de ces deux grands noms va donner naissance à un acteur mondial de la sûreté…

Exemple de production de la société Bauche :




Brillié

C’est en 1898 que Charles Vigreux et Lucien Brillié créent une entreprise de fabrication d’appareils mécaniques et électriques à Levallois-Perret.
Mais très vite, Lucien Brillié (ingénieur) va aider son frère Henri à créer des horloges électriques : les ateliers Brillié Frères sont nés. 

Ils ne sont pas les premiers à construire une horloge électrique mais vont permettre sa démocratisation grâce à la synchronisation à distance… 
Le principe est simple, une horloge mère permettait d’envoyer une impulsion électrique à 5,10, 15 horloges. 
Ceci assurait une parfaite synchronisation et évitait la perte de temps liées au remontage des horloges.

Que ce soit en France ou à l’étranger, de nombreuse manufactures, gares, écoles… vont ainsi se doter de ce système très innovant.

L’entreprise Brillié va connaitre une forte période de croissance dans les années 60/70 et deviendra le leader écrasant de l’horlogerie industrielle en France.
Cependant, l’entreprise aura du mal à s’adapter aux mutations technologiques et à la concurrence asiatique des années 80 et disparaîtra en 1987.

Exemple de production de la société Brillié :

Horloge Brillié



Lepaute

Jean-André Lepaute et son frère jean Baptiste ont créés en 1750 la société qui porte leur nom.
Lepaute était spécialisé dans la conception d’horloge.

Jean-André Lepaute est né dans la Meuse en 1720 ; c’est en étant dans un premier temps fondeur de cuivre et en travaillant sur des créations horlogères que sa passion débuta…
C’est ainsi que Jean-André décida de monter à Paris pour se perfectionner.

Arrivé en 1740, il décida très tôt de se spécialisé dans la production d’horloge, choix stratégique afin de se différencier de la concurrence qui produisait surtout des montres.
Il fut rejoint par son frère Jean Baptiste en 1748. C’est de fait en 1750 que l’entreprise Lepaute fut créé.

Les deux frères vont alors se perfectionner et connaitre une ascension très rapide dans l’univers de l’horlogerie.

Dans les années 1750,  Lepaute devient le fournisseur officiel de la cour de Louis XV.
Les frères Lepaute équipèrent de très grandes demeure royales et autres bâtiments publics, observatoires… On peut citer en autres le palais du Luxembourg, le château de Vincennes, l’Hôtel des Invalides...

Les Frères Lepaute mirent au point de réelles innovations  comme la première horloge à rouages parallèles (1780), permettant de réduire le dérèglement de l’horloge liée à son usure…

Jean-André et Jean Baptiste furent rejoins en 1760 par deux de leur neveux : Pierre Henry et Pierre Basile afin de les aider ; ces derniers et leur descendants reprirent par la suite le flambeau Lepaute.

Jean-André Lepaute pris sa retraite en 1775 et décèda en 1789 à Saint-Cloud.


Jean-André Lepaute

Exemple de production de la société Lepaute :


Burroughs Adding Machine Company

En 1886, William Seward Burroughs créa l’American Arithmometer Corporation afin de fabriquer une additionneuse qu’il avait lui-même inventée.

En 1904, la compagnie déménagea à Détroit dans le Michigan et pris le nom de Burroughs Adding Machine Corporation (hommage à son fondateur mort en 1898).

Cette entreprise fut surtout connue comme leader dans la fabrication de caisses enregistreuses aux Etats-Unis.

L’entreprise changea de nom en 1953 pour Burroughs Corporation ; ce nouveau nom avait pour but de « tourner une page » sur son passé…
En effet, son activité s’était déjà orientée vers les machines à écrire et allait s’étendre à l’ informatique.

En 1986, Burroughs Corporation fusionna avec Sperry Corporation pour donner naissance à Unisys Corporation.
 
Burroughs Adding Machine Company
Burroughs Adding Machine Company

Exemple de production de la société Burroughs Adding Machine Company :

Chaise Burroughs (inventée par Ernest Racz en 1928)


Cremer

Lorsque l’on parle d’anciens éclairages de cinéma, théâtre... Cremer dispose d’une notoriété sans comparaison.

Cremer est notamment connu des passionnés de décoration pour sa gamme de projecteur SPOTAC ; ces projecteurs sont équipés d’une lentille de fresnel ou concave, permettant la diffusion d’une lumière douce et enveloppante. 

Le réglage de la focale (via un système permettant d’avancer ou reculer l’ampoule) permet de régler l’intensité lumineuse selon ses besoins.
Léger, robuste, de taille réduite, ils sont très pratique à l’usage.

L’entreprise Cremer a été créée vers 1920 à Paris et connut son apogée dans les années 50. 
Malheureusement, la société n’a pas su passer le cap des mutations technologiques des années 70, notamment avec l’arrivée des projecteurs torche quartz…

Malgré plusieurs tentatives de relances, Cremer fermera ses portes en 1977.

Exemple de production de la société Cremer :



Jacques Hitier : 1917-1999

Jacques Hitier est un des créateurs/décorateurs phare de mobilier dans la France du 20 ème siècle.
Il entra à la célèbre école Boule en 1930 à treize ans et demi dans l’atelier de ciselure et gravure sur acier.

Très vite, Jacques Hitier aura l’envie de créer du mobilier esthétique, humaniste et fonctionnel.

Après un bref passage à l’atelier Primavera du printemps, Jacques Hitier entre en 1937 chez Mobilor (société spécialisée dans la production de  mobilier scolaire) comme dessinateur chargé du suivi de fabrication.

Mobilier Mobilor
Mobilier Mobilor

Alors que les structures tubulaires en acier n’en sont qu’à leur balbutiement, Jacques Hitier va très vite comprendre l’intérêt de créer du mobilier avec ces dernières : fonctionnalité, esthétisme, solidité, facilité d’entretien… 
Cette affection de Jacques Hitier va marquer pour longtemps le monde de la décoration.

Après la seconde guerre mondiale, Jacques Hitier va également dessiner une chaise pliante en bois pour Bienaise lors de son passage à la banque nationale du commerce et de l’industrie.

En 1946, il devient professeur à l’école Boule, tout en s’installant comme indépendant en tant que décorateur conseil.
Jacques Hitier va notamment commencer une collaboration avec la société Tubauto pendant près de 15 ans. 
Crée en 1933, Tubauto fabriquait à l’origine de l’équipement automobile (portes bagage, remorques…) puis commença la création de mobilier en tube métallique après la guerre (principalement à destination des collectivités et du milieu scolaire).

L’année 1949 va être un tournant pour Jacques Hitier.
En effet, la collaboration avec la société Mullca va marquer le début de sa reconnaissance par le monde fermé des critiques de décoration, notamment grâce au mobilier pour enfant qu’il va créer pour cette société. 
Cette production en série répondait à des exigences de solidité, de facilité de transport, d’ergonomie et suivait les recommandations des théories hygiénistes.

De cette production, c’est la chaise fauteuil MCA 300 qui sera la plus marquante. La conception de cette chaise montre la maîtrise de Jacques Hitier dans la conception de structure tubulaire ; robuste et légère, cette chaise économe en matière permet à un enfant de la déplacer facilement et ne dispose d’aucun angle vif pouvant le blesser. 
Jacques Hitier sélectionne cette chaise pour sa première présentation à la Société des artistes décorateurs en 1949. 
Elle est une des icônes du design industriel et sera produite à des milliers d’exemplaires pour les maternelles.

Elle sera déclinée en deux autres modèles, l’un pour Mullca ou les pieds sont coudés et l’autre pour Mobilor ou ils sont courbés.


Mobilier Mullca
Mobilier Mullca
Les années 50 vont voir s’élargir le succès de jacques Hitier.
Le métal était trop cher après la guerre de 1939/1945 pour connaitre un réel développement et était surtout réservé aux besoins de reconstruction de la France ; il était aussi relié à la froideur du monde industriel, de l’ouvrier... face au bois, symbole des valeurs de l’artisanat, plus chaleureux…
Mais grâce à sa collaboration avec Tubauto, Jacques Hitier va réussir à démocratiser l’acier en l’alliant au bois, aux tissus, au verre et va ainsi réussir à allier esthétisme et impératifs de la production industrielle. 
Il souhaite une démocratisation du confort et désir rapprocher la décoration des industriels.

Durant toute sa carrière professionnelle, Jacques Hitier va défendre un mobilier pratique à l’usage, en utilisant au mieux les qualités de chaque matériau. 
Il se pose contre les ornementations superflues, apportant un « faux luxe ».

Mais un tournant s’amorce à la fin des années 50 ; en effet, la production en série et l’idée de luxe pour tous va s’étioler… avec l’avènement de la société de consommation, cet engagement social va devenir populaire dans le mauvais sens du terme…
Alors que Jacques Hitier cherche à allier contrainte industrielle et excellence de l’artisanat/décoration, les jeunes générations désirent plutôt surprendre et se laisse aller dans le design le plus consumériste ; au lieu de penser à la fonctionnalité, à l’optimisation de la production…ils préfèrent la reconnaissance médiatiques...

Jacques Hitier va également créer le CAIM (syndicat des créateurs d’architectures intérieures et de modèles et sera le directeur de l’école Boulle de 1972 à 1982.


Exemple de Création de Jacques Hitier :



Les établissements Sansen

Les établissements Sansen à Buironfosse dans l’Aisne était spécialisés dans la production de mobilier métallique comme  des bureaux, des tables de bureau, des armoires de cuisine, des casiers de magasins, des vestiaires, des meubles à clapet, des armoires à outils, des armoires à dossiers, des classeurs…

Au besoin, les établissements Sansen réalisaient également du mobilier sur mesure.

Les établissements Sansen étaient à l’origine la tôlerie industrielle Sanfort.
Elle réalisait dès les années 30 divers travaux de chaudronnerie légère et fabriquait du matériel agricole tel que des nourrisseurs à porc, des germoirs à grain, des abreuvoir automatique…

Dès les années 50, la production va se diversifier vers le mobilier métallique sous la marque Sansen et connaîtra son apogée à la fin des années 60.


Exemple de production de la société Sansen :

Entreprise Sansen
Entreprise Sansen

Bureau Sansen
Bureau Sansen

Armoire Sansen
Armoire Sansen


Coffres-fort Fichet

Très tôt, Alexandre Fichet est passionné par la serrurerie ; débutant comme ouvrier serrurier, il ne va pas tarder à se mettre à son compte pour assouvir pleinement sa passion

1822 : Alexandre Fichet se met à son compte et ouvre un petit atelier en Seine et marne.

1825 : Alexandre Fichet déménage et ouvre une serrurerie à Paris, rue des Rameau. Il va très vite chercher à améliorer les serrures de sécurité, inventées récemment.

1829 : Alexandre Fichet invente et dépose un brevet sur une serrure incrochetable.

Cette invention va lui ouvrir les portes de la maison royale et deviendra ainsi le fournisseur officiel de Louis Philippe.
Cette invention va également asseoir son statut de maître serrurier.
Il n’aura alors de cesse de déposer brevet sur brevet.

1836 : Alexandre Fichet invente le coffre-fort moderne, constitué d'une enveloppe extérieure en métal d'un seul tenant, avec porte et serrure renforcée.

1840 : Alexandre Fichet conçoit la première serrure résistante au feu.

En ce milieu de siècle, avec l’arrivée de la révolution industrielle et l’enrichissement d’une partie de la population, de nouveaux moyens de paiement font leur apparition (lettre de change, titres, bon d’Etat…). La nécessité de les protéger var permettre à l’entreprise Fichet se développer à grande vitesse.

Afin de faire faire à la demande, il ouvre deux autres établissements, à Lyon et à Marseille.

1862 : Alexandre Fichet décède.

A sa mort, l’entreprise compte plus de 450 salariés…
L’entreprise change de main et c’est son gendre, Louis Bonnet Fichet et sa fille Apolline qui prendront les commandes pendant 17 ans.

1879 : L’entreprise Fichet  se lance sur le créneau des salles fortes de banques et crée sa première chambre-forte comprenant des coffres de dépôt à louer. 

Peu avant le début de la première guerre mondiale, l’entreprise Fichet est au sommet de son activité ; elle a fabriquée plus de 125000 coffres et a plus de 1600 ouvriers.
En 1917, elle continue sur sa lancée et ouvre une nouvelle usine à Sens ainsi que d’autres sites en Italie, Argentine, Espagne, Belgique, Brésil…

1929 : La crise bancaire de 1929 va mettre à mal cette croissance.
La clientèle cherche des coffres moins chers et le concurrent Bauche va exceller sur ce point et prendre des parts de marché à Fichet.
A cela s’additionne des mauvais choix stratégique comme la vente de photocopieurs, la construction de véhicule de transports de fonds…qui vont peser gravement sur les comptes de Fichet.

La société Bauche va ainsi logiquement racheter Fichet et 1965.

1967 : Les entreprises Fichet et Bauche fusionnent.



Ancienne publicité Fichet 1925
Ancienne publicité Fichet 1925

Ancien atelier Fichet
Ancien atelier Fichet

Ancienne publicité Fichet 1925
Ancienne publicité Fichet 1925


Exemple de coffre fort Fichet :

- Coffre fort Fichet



Les établissements Behin

Originaire de Paris, les établissements Behin vont rapidement s’installer à Gennevilliers (1916) afin de profiter de terrains peu coûteux tout en conservant la proximité avec la capitale.

Behin fabrique des emballages en acier (futs, bidons…) ; leur nouvelle implantation à Genevilliers permet à l’entreprise de développer son activité de tôlerie industrielle.

Les établissements Behin vont ainsi pouvoir répondre aux besoins de l’armée Français et par la suite développer leur activité de création de mobilier de bureau et mobilier industriel (vestiaire, bureau, classeur, casier...) sous la marque « Meubles Behin ».

En 1971, c’est la fin de l’aventure « en solo » pour les établissements Behin.
Ils s’associent avec l’entreprise Robustacier (leader français du mobilier scolaire) afin de devenir la société BRM : Behin Robustacier Mobilier

Avec cette fusion, la nouvelle entreprise se place au troisième rang national dans la production de mobilier de bureau et au premier rang pour la fabrication de mobilier scolaire.


Exemples de fabrication des établissements Behin :

- Ancien classeur Behin

- Ancien bureau Behin



Meubles Béhin
Meubles Béhin

Etablissements R Béhin
Etablissements R Béhin



Les lampes Niam

Les lampes Niam ont été inventées par Georges Main qui a créé l’entreprise du même nom ( G Main et Cie) à Paris, 91 avenue de Clichy.

Il déposât de multiples brevets que ce soit pour des lampes de bureau, des éclairages pour l’industrie…

Son entreprise réalise également des lampes pour machine à outils, pour tables à dessin, des réflecteurs pour voies publique…

Les lampes Niam ont notamment gagnées le grand prix de l’exposition des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925.

Georges Main avait toujours à l’esprit d’assurer un confort d’éclairage pour les différents usages.
C’est le cas par exemple des diffuseurs n°5 à 9 (Cf publicité ci dessous) ou des lampes Niam n°10 à 13 (Cf publicité ci dessous) pour les professionnels souhaitait des éclairages précis, ne fatiguant pas les yeux.

La praticité était également une de ces volontés.
De nombreuses recherches lui on permit de mettre au point une articulation à ressort pour relever la tige de ses lampes sans maintenir le socle (Cf publicité  lampes de bureau Niam n°10 et 11).

L’esthétique n’était pas oubliée ; la lampe Niam n°11 pouvait par exemple recevoir un socle en fonte laquée, vernis… ou en bronze ciselé vieil or ou en nickel vieilli argent… suivant les goûts des clients.

Mr Main avait aussi conscience que les économies d’énergie était un enjeu important.

Avec l’avènement du filament en tungstène sous atmosphère d’argon (détrônant le filament charbon), Mr Main était lucide sur le fait que les organes internes des ampoules n’étaient plus perfectible (pour l’époque) mais perfectibles par l’extérieur. 
En effet, la chaleur des ampoules attiraient la poussière qui une fois déposée diminuait le rendement et en élevant la température interne diminuait la durée de vie de celle-ci. 
C’est pour cela qu’il mit au point son Réflecto-lampe Niam qui en étant étanche empêchait la poussière de se déposer. 
Sa forme et sa finition assurait aussi une meilleure répartition de la lumière sur les zones à éclairer, évitant sa dispersion sur le plafond, les murs…


Exemple de lampe Niam :

- Lampes de bureau Niam



G. Main et Cie
G. Main et Cie

Lampe Niam
Lampe Niam

Réflecto-lampe Niam
Réflecto-lampe Niam



Mobilier Atrho

Peu connu dans l’univers du mobilier industriel, les meubles Atrho ont été fabriqués par  les Ateliers Rhodaniens J ISAAC & Cie (cours Tolstoï, 106 à 112 Villeurbanne/Lyon).

Il s’agit d’une manufacture de tôlerie, réalisant de l’emboutissage, de la galvanisation… crée au début du 20 ème siècle.

Le gérant et associé majoritaire Jean Isaac était un ingénieur des Arts et manufactures.

Les ateliers Rhodaniens J ISAAC & Cie ont fabriqués de multiples produits comme des armoires, vestiaires, meubles à clapet, lavabos, braseros, brouettes, poubelles, réservoirs… mais était également capable de réaliser des fabrications à la demande.

Les ateliers Rhodaniens J ISAAC & Cie ont été un des acteurs importants de la vie industrielle, de l’agglomération Lyonnaise, comptant notamment 104 salariés en 1943.

Exemple de meuble Atrho :



Les ateliers Rhodaniens
Les ateliers Rhodaniens

Les ateliers Rhodaniens
Les ateliers Rhodaniens

Atrho
Atrho

Atrho
Atrho


La lampe Gras

Icône phare des lampes articulées, la lampe Gras a été conçue dans les années 20 par Bernard-Albin Gras et produite pendant 50 ans en France.

Le premier brevet a été déposé en octobre 21 ; Bernard Albin Gras va dans un premier temps s’associer avec le comte Bruneteau de Sainte-Suzanne pendant quelques mois puis très rapidement avec Didier des Gachons.

Cette nouvelle association va engendrer une légère  évolution de la lampe (notamment l’apparition de la bielle creuse).
Ils vont alors proposer 23 modèles à destination des machines-outils, tables à dessin, laboratoires, bureaux… signé sous la mention (bielle frapée) « Lampe ajustable gras, brevetée SGDG ».

Ergonomique, fonctionnelle, de conception robuste (pas de vis et de soudure), la lampe Gras va très vite connaître un grand succès.

Nouveau rebondissement en 1927, Didier des Gachons va rencontrer et s’associer avec l’industriel Jean Ravel.
La lampe va alors être renommée en 1930 « Lampe ajustable DGR » et « Lampe RAVEL Clamart en 1932. (Clamart étant le lieu où se trouve la nouvelle usine de fabrication)

Dans les années 50, la concurrence du à l’innovation technologique de la lampe Jielde va profondément affectée les résultats économique de la lampe ; les ventes étant en baisse régulière, l’arrêt de la production sera décidé en 1970.

Exemple de lampe Gras :



Voici une liste non exhaustives des marques et noms qui ont marquées le style industriel :


Strafor, Bienaise, Flambo, Lablache, Toulemonde, Lambert, Gruber, Mapelec, Vitra, RG Levallois, Cremer, GDB Alcopa, Brillé, Frigus, YAC, Gras Armand Colin, Morgan, Lepaute, Charvet Delorme, JieldéBurroughs, Singer Hansen, Negus, Forindex, Kartell, Art Metal, Thonet Standard Manufrance, Deyrolle, Wide Lite, Tolix, Niam, Ato, Auxiliaire des mines Douai, Herman Miller, Bauche, Outelec, Artemide Deho, Valentini Lyon, Sammode, Jacques Hitier, Lita, Branson, Anglepoise Cawardine, All Steel Equipment, Guichard, Philips, Pauchard, Holophane, Darnay, Mazda, Rossignol, Ronéo, Mouille, Outelec, Fortuny, Fichet, Butterfield, Crouse Hinds, Richet, Mullca, Garnier, Sansen...